Le Roman d'Evelyne

J'habite près de Bordeaux. Amoureuse des mots et de la langue française, j'écris depuis l'âge de onze ans. J'ai aussi, bien sûr une passion pour la lecture. J'aime de nombreux auteurs et il serait impossible de les citer tous, mais je voue une admiration particulière à Colette et Simone de Beauvoir.J'aime également Henry Troyat, Bernard Clavel,Romain Gary,Yann Queffelec.  Je dois enfin mentionner que j'ai une affection particulière pour Janine Boissard. Jeune, j'ai eu un grand coup de coeur pour sa saga "L'esprit de famille". Je l'ai rencontrée plus tard dans un salon du livre à Bordeaux et elle m'a encouragée à me lancer pour de bon dans l'écriture.

"La clé dans le dos" Mon premier livre
MES DÉDICACES
Discussions avec des lecteurs

Extrait du nouveau roman : "Au commencement" !!!!!

Extrait du nouveau roman : "Au commencement" !!!!!

Bonjour à vous tous ! Je suis très heureuse de vous proposer de découvrir en avant-première un extrait de ce second roman depuis longtemps attendu. "Au commencement", écrit à quatre mains avec Rodolphe Revel, est un roman d'aventures qui devrait ravir celles et ceux qui rêvent de dépaysement. Encore quelques corrections, et le bébé sera prêt à voir le jour : parution prévue au plus tard en Juin. Je vous tiendrai au courant. En attendant, bonne lecture à tous !  Au fait : pour information,  dans l'extrait ci-dessous, vous rencontrerez parfois ceci : (.....) . C'est tout simplement que des passages ont été volontairement tronqués afin de ne pas vous en en dévoiler trop sur l'intrigue... eh eh !! ^^....

 

 

 "Il la regarda, goguenard. Elle avait de ces expressions de langage ! Elle lui avait déballé tout à l’heure un ridicule nonobstant, quoiqu’employé à bon escient. Voulait-elle à tout prix étaler sa parfaite maîtrise de la langue française, et plus encore ? Il balaya son léger agacement en même temps que sa mèche et pointa son doigt sur l’ordinateur qui trônait sur la table.

– Je suis prêt à parier qu’il se rend au même endroit que nous ! Les points répertoriés sur le graphique, vous voyez ? Eh bien, contrairement à nous, il doit savoir à quoi ils correspondent. Voilà la raison pour laquelle il nous aura subtilisé la carte : il lui manquait ces coordonnées, et maintenant qu’il les a…

 – Mais enfin, s’exclama Jodie Meyer en ouvrant les mains, comme pour exposer son ignorance, il cherche quoi ?

 Jimmy Lerviner fixa la jeune femme, passa rapidement en revue la totalité de sa physionomie et aima la trouver enfin l’air démuni. Il lui sourit :

 – Ah ça, ma p’tit’ dame…

 Il désigna à nouveau l’écran :

 – La seule chose dont je suis convaincu pour l’instant, c’est que c’est bien que ça se passe !

 – Et, si j’ai bien compris, c’est aussi là que vous comptez m’amener ?

 Il éteignit l’ordinateur, le rangea dans sa sacoche :

 – Oui. Enfin… j’espère que vous êtes toujours d’accord puisque, si je me souviens bien, je suis tributaire de votre véhicule.  Un sourire juvénile éclaira le visage de Jodie Meyer.

 – Oh oui, je suis d’accord. L’aventure n’est pas pour me déplaire ; en archéologie, de surcroît, les squelettes ne nous donnent que moyennement des occasions de frémir !  Réjoui par cette forme de langage emprunté, il répéta dans sa barbe le de surcroît de Jodie Meyer et se pencha pour poser avec précaution l’ordinateur contre sa chaise. Son regard tomba sur une paire d’escarpins, signés Ted Lapidus sur toute la hauteur de leurs talons aiguilles. « Les petits pieds de Mademoiselle Meyer ne se refusent rien, nota-t-il, Ironique. Aussi sophistiqués que son langage ». Il releva la tête, un rictus moqueur au coin des lèvres :

 – Vous comptez pratiquer l’aventure en petite robe et chaussée de ces Ted Lapidus vertigineux, sans doute ?  Piquée par la remarque,  elle haussa les épaules :

 – Quand je me suis rendue ce matin au dépôt de Narbonne, j’étais loin d’imaginer que vous alliez m’embarquer dans cette escapade, figurez-vous ! Et voulez-vous que je vous dise ? La salopette d’archéologue, on s’en lasse ! J’ai de temps en temps des velléités d’élégance assez légitimes pour une femme et …    Elle interrompit sa défense, bouche ouverte. Jimmy Lerviner, en face d’elle, partait d’un éclat de rire débridé. Cette fois, il se moquait d’elle ouvertement. Il se gondola sans vergogne, leva un bras pour signifier à la serveuse qu’elle pouvait lui apporter l’addition. Une larme coulait sur sa joue.

 - Des velléités d’élégance, couina-t-il tout secoué. Allons, on trouvera bien une solution !

   Jodie Meyer mit le contact et le moteur se mit à ronronner comme un chat. Tout à l’heure, elle avait rajouté une ombre de rouge sur ses lèvres tandis que Jimmy Lerviner, le verbe haut et le rire intempestif,  continuait à se gausser :

 – Mais dites-moi, Jodie, vous ne pourriez pas parler comme tout le monde ?

 Elle avait haussé les épaules en ouvrant son face à main pour vérifier son image :

 – J’adore votre langue française, je vous l’ai déjà dit. Et la posséder à la perfection est ma plus grande fierté !

 Et comme il ne se calmait pas, elle lui avait finalement jeté une serviette à la figure :

 – Oh ! Et puis, dites ce que vous voulez, à la fin, ça m’est égal !

 A présent, elle conduisait d’un air tout à fait détendu. Installé sur le siège du passager, Lerviner l’observait en coulisses. Regarder les jolies filles, voilà une chose qu’il lui était difficile de ne pas faire. Il estimait d’ailleurs, tout en évaluant son pilote en jupons, qu’il aurait pu tomber plus mal. Et puis, on pouvait dire ce qu’on voulait de cette pimbêche, du moins n’était-elle ni boudeuse ni rancunière.  Il ouvrit son ordinateur portable sur ses genoux :

 – Vous prendrez la direction de Narbonne. Ensuite… eh bien, je vais activer ici la fonction GPS et je m’en vais vous guider… Tenez, lorsque nous atteindrons un village nommé Barbaira, il faudra tourner à droite. Mais nous avons encore le temps. Il s’absorba dans la manipulation de son appareil tandis que Jodie Meyer conduisait avec des gestes vifs. Soudain, il lâcha une exclamation :

 – Ok, d’accord, nous voilà bien avancés avec ça, maintenant !

 Elle lui jeta un coup d’œil interrogateur :

 – De quoi s’agit-il?

   ( …. )

 Quand ils furent repartis, Jodie Meyer était si absorbée dans ses méditations qu’elle ne formula aucune question lorsque Lerviner lui enjoignit tout à trac :

 – Mettez votre clignotant et garez-vous trente secondes devant cette ferme, sans couper le moteur.

Elle le vit jaillir de la voiture, enjamber une palissade et rafler prestement une paire de baskets en train de sécher sur la margelle d’un puits. Aussitôt de retour, il jeta les chaussures sur le siège arrière et s’écria en s’engouffrant dans le véhicule :

 – Démarrez ! Vite !

 Le moteur hurla, le véhicule bondit sur la chaussée. Jodie Meyer eut l’air indigné mais éclata de rire :

 – Ça vous prend souvent ?

 – Foncez, foncez, je vous dis !

 Une femme surgie de la maison apparut dans la lunette arrière, les bras au ciel. Jimmy Lerviner se retourna, lui adressa un salut insolent, et brandit les baskets sous le nez de Jodie Meyer.

 – Vous voilà équipée pour notre escapade.

 Il retourna une chaussure :

 – Pointure quarante et un, vous y serez à votre aise.

 Elle exhala un soupir pathétique :

 – Je chausse du trente sept !

 – Eh bien, au moins, vous n’aurez pas d’ampoules ! lui asséna-t-il.

 La route montait en lacets, dévoilant des trouées immenses sur la vallée de l’Aude.

 – Nous sommes arrivés, annonça Jimmy Lerviner en désignant un chemin qui prenait naissance à la sortie d’un virage. Vous pouvez vous garer là. Mais dites-moi, il semblerait que cet endroit attire d’autres promeneurs que nous.

Plusieurs véhicules, en effet, étaient déjà parqués sur une placette délimitée par des blocs de pierre.

 – À moins que des fouineurs ne nous aient précédés, opina Jodie Meyer.

 – Vous me le sortez de la bouche…

 Lerviner sortit de la voiture et examina les alentours. Il avisa un quatre-quatre porteur d’une plaque d’immatriculation germanique dont il alla faire le tour.

 – Une voiture allemande, marmonna-t-il dans sa barbe. Comme par hasard !

 Jodie Meyer, à son tour, vint constater la coïncidence :

 – Alors, vous auriez vu juste ?

 Perplexe, il ne répondit rien. Il tira du coffre un sac à dos dans lequel il glissa son ordinateur portable. Mademoiselle Meyer, de son côté, préparait un assortiment de boissons et d’en-cas qu’elle ajoutait au chargement.

 – Vous comptez boire et manger tout ça ? interrogea-t-il en la voyant entasser autant de ressources alimentaires. Elle en profita pour ouvrir au passage une bouteille d’eau dont elle vida sur le champ la moitié du contenu.

– Ah oui, dit-elle en s’essuyant la bouche d’un revers de poignet. Je bois comme un trou, vous n’avez pas remarqué ? Si je n’ai pas de l’eau et de la nourriture à portée de main, je panique.

 Il la regardait maintenant visser une casquette sur sa tête, se débarrasser de ses escarpins à talons et enfiler les baskets qu’il lui avait procurées. Soudain, elle parut toute petite, et tout air condescendant sembla avoir quitté sa physionomie.

 – Pitoyable, gémit-elle, je dois avoir l’air pitoyable, avec ma robe et… ces espèces de péniches aux pieds !

 Il la trouva mignonne.

 – Vous êtes absolument ridicule, dit-il avec une expression indéchiffrable sur le visage, si bien que Jody Meyer ne sut s’il plaisantait ou s’il se payait encore sa tête.

Il chargea sur son dos le sac de victuailles. Cette propension qu’avait Jodie Meyer à remplir ses bagages de nourriture n’était pas sans le ramener aux manies de son fidèle acolyte Aldo di Bartoloméo. La pensée de son compère lui tira un sourire mystérieux. Il prit mademoiselle Meyer par le bras, l’entraîna vers le sentier de randonnée et lui dit :

 – C’est marrant : vous me rappelez quelqu’un…

  Le thym croissait à foison, tapissant les sentes d’une moquette drue. Le soleil flambait dans le ciel, le vent exhalait une haleine brûlante. Jimmy Lerviner marchait devant, écartant parfois de la main les griffes d’une végétation hirsute. Il avait finalement récupéré son ordinateur au fond du sac et en avait réactivé la fonction GPS. Jodie Meyer, sa bouteille à la main, suivait d’un bon pas. Accablée par la chaleur, elle avalait de temps en temps une gorgée d’eau et en profitait pour arroser généreusement son décolleté afin de réjouir sa peau d’une caresse fraîche et fugace.

 – Vous êtes bien certain que c’est tout droit ? demanda-t-elle comme ils ignoraient un raidillon qui partait sur la gauche.

 Il se retourna, croisa son regard émeraude qui brillait sous la visière :

 – Pour le château, c’est sûr ; et pour ce qui nous intéresse…

 Il remarqua les auréoles qui plaquaient sa robe sur son buste, eut encore envie de la taquiner, mais se contenta de la gratifier d’un de ses clins d’œil ironique et d’achever sa phrase :

 – …et pour ce qui nous intéresse… c’est aussi tout droit !

 Ils poursuivirent en silence quelques minutes encore puis, au détour d’un bosquet de cyprès, apparut une muraille de vieilles pierres. Si elle avait été imposante à ses heures de gloire, il n’en restait à présent qu’un pan déchiqueté sous le bleu dur du ciel. Ils s’en approchèrent, visages tendus vers le haut. Jimmy Lerviner essuya la sueur qui ruisselait de son front jusqu’aux ailes du nez.

 – Le château de Miramont !

 – Ou ce qu’il en reste, observa, laconique, mademoiselle Meyer. Voyons un peu ce qu’il y a derrière.

Derrière, c’était une désolation, bien sûr, mais non dépourvue de charme : une attraction pour vacanciers en quête de relents d’histoire, de lyrisme ou d’authenticité ; un puits à inspiration pour poète ; une source jaillissante de fantasmes aussi bien que de lieux communs.

 Ils foulèrent un parterre d’herbe pelée semé de pierrailles, franchirent un portique cassé et débouchèrent sur ce qui ressemblait à une cour intérieure mais qui n’était en réalité que les restes d’une vaste pièce effondrée. Les murs qui en définissaient le pourtour initial étaient réduits à une vague ceinture de pierres inégales ; dans un angle, on devinait, à hauteur d’homme, les degrés à peine soupçonnables d’un ancien escalier menant à une improbable tour.Ils avancèrent jusqu’aux limites de la bâtisse et reçurent en pleine face les rafales du vent. Le château avait été érigé à l’aplomb d’une profonde vallée. Du cœur de celle-ci montait une brume de chaleur où le ruban gris de l’autoroute semblait onduler. 

Jodie Meyer pria son guide de se débarrasser du sac à dos et de le poser sur le méplat d’une large pierre. Elle y trouva ses barres vitaminées, en proposa une à Lerviner qui la refusa, puis elle y mordit de bon cœur.  Après avoir pris la mesure de la beauté des lieux, Jimmy Lerviner, le pied calé sur un gros caillou, son ordinateur posé sur sa cuisse, interrogeait à nouveau son GPS. Il porta son regard sur les alentours, sembla y découvrir un invisible repère et déclara, satisfait :

 – Nous sommes exactement au niveau de l’un des deux points répertoriés sur le graphique !

 – Ichi ? À l’emplachement du château ? interrogea mademoiselle Meyer en plein exercice de mastication.

 C’était bien cela. Ils y étaient, à quelques mètres près. Jimmy Lerviner le vérifia sur l’écran de son ordinateur.  Le deuxième point mentionné sur la carte, en revanche, se situait, selon toute vraisemblance, quelque part vers la vallée.

 – Suivez-moi, décida finalement Lerviner.

Ils repassèrent sous l’arche rompue de la porte, longèrent le mur jusqu’à se retrouver sur une sorte de place au milieu de laquelle trônait un vieux puits.

 – Nous devons être dans l’ancienne cour du château, commenta Lerviner.

Une large grille frottée de rouille recouvrait toute la circonférence du puits. Jodie Meyer s’y pencha :

 – Il doit être très profond. De la végétation a poussé à l’intérieur.

 Elle se baissa, ramassa un caillou et le jeta par l’ouverture. Ils tendirent l’oreille.

 – Bien tenté, approuva son coéquipier, mais on n’a rien entendu à cause de ce foutu vent… Et si nous tentions de nous rendre sur l’autre point de la carte ?

Il la précéda hors de l’enceinte du château, un œil rivé à son GPS.

 – Si je comprends bien, il faut poursuivre en direction de ce dénivelé.

 Ils trouvèrent un chemin malaisé et s’y frayèrent un passage. Jodie Meyer se lamentait intérieurement sur le traitement qu’elle infligeait à sa robe : ces arbustes griffus allaient la lui transformer en lambeaux. Cependant, elle ravalait ses plaintes. L’aventure n’était pas pour lui déplaire ; ce Jimmy Lerviner non plus, d’ailleurs, malgré sa propension à la moquerie.  Bientôt, la végétation fit place à une sorte d’étendue désolée semée de souches. Ça et là s’ouvraient dans le sol des orifices noirs, repères d’animaux sauvages, qui arrachaient à Jodie Meyer des exclamations inquiètes et lui faisaient accélérer l’allure.

 Jimmy Lerviner fit une halte et se retourna :

 – Je crois qu’on y est presque !

 Ils se trouvaient dans un endroit insolite. Une plateforme faite de roche calcaire s’étalait sous leurs pieds. Ils firent cinq pas de plus : la place se terminait abruptement au bord du ravin. En dessous s’ouvrait la vallée. Jodie Meyer avisa un panneau de bois frappé d’une inscription :

Le Pas de Rolland.

 Son compagnon vérifia l’information sur son appareil :

 – A mon avis, on y est !

 Elle fit le tour de la plateforme et s’étonna :

 – D’accord, le site est superbe, mais je ne vois rien de particulier. Et vous ?

 Comme il ne répondait pas mais affichait un air perplexe, elle s’assit sur le sol, inspecta l’état de ses jambes, quitta sa casquette, se massa le cuir chevelu et se recoiffa.

Jimmy Lerviner, d’un pas lent, flairait à son tour les lieux à la recherche d’un indice, d’un encouragement. Il fit rouler une pierre sous son pied, l’expédia quelques mètres plus loin dans un élan de dépit, puis vint se laisser tomber à côté de Jodie Meyer. Une moue déçue posait sur ses traits une expression d’enfant capricieux.

 – On aura au moins fait une belle balade, opina-t-il désabusé.

 – Oui, renchérit-elle. Il n’y a rien ici. Nous nous sommes peut-être trompés d’endroit. Notez bien, d’ailleurs, que nous n’avons aperçu nulle part notre « ami » le serveur, pas plus que sa complice.

Lerviner tapota la coque de son ordinateur posé à côté de lui.

 – Non, croyez-moi si vous voulez, mais je suis pourtant persuadé d’être à la bonne place. Seulement…

 Il prit une inspiration :

 – Soit il n’y a rien à trouver, soit cela a été découvert depuis belle lurette. Par quelqu’un d’aussi chanceux ou d’aussi malin que ce brave abbé Saunière, par exemple…

Elle sourit. L’idée d’un curé en soutane creusant la garrigue à la recherche d’un trésor de légende lui apparaissait à la fois improbable et burlesque. Elle jeta un regard à Jimmy Lerviner et vit sur son visage les marques de la déception. Comme il lui était sympathique, elle se sentit poussée à faire un peu d’humour pour dédramatiser la situation :

 – Bien, bien… nous ne sommes peut-être pas à la hauteur. On ne peut pas toujours être bon partout, n’est-ce pas ?

 Il se tourna vers elle, l’air absorbé :

 – Qu’est-ce que vous dites ?

 – Je voulais dire simplement qu’on n’a pas toujours le flair qu’il faudrait, le bon feeling. Nous serons plus efficaces un coup prochain…

 – Non, non, juste avant, qu’avez-vous dit ?

 – J’ai dit que nous n’étions peut-être pas à la hauteur. Mais Jimmy, n’allez pas vous froisser, je…

 D’un bond, il fut sur ses pieds, sac sur le dos. Il se dirigea d’un pas vif vers le bord de la roche où il se pencha. Il tourna vers Jodie Meyer un visage soudain animé :

– Mais vous ne me froissez pas du tout, bien au contraire ! Je pense que c’est vous qui avez raison : nous ne sommes pas à la hauteur, comme vous dites !

 Elle le considéra, incrédule.

 – Je ne comprends pas.

– Je pense que nous ne sommes pas à la bonne hauteur !

 Elle le regarda scruter le ravin, décida de le rejoindre. A quatre pattes, prudemment, elle s’approcha.

 – Excusez-moi, je suis sujette au vertige. Vous voyez quelque chose ?

 – J’ai mon idée.

 Il désigna une sorte de passage étroit qui descendait sous la roche, entre les épineux.

– On va essayer de passer par là et d’explorer la pente.

Elle ouvrit des yeux démesurés :

 – Attendez Jimmy ! Vous ne croyez tout de même pas que je vais vous suivre dans cette descente abrupte ? Eh ! Jimmy, vous m’entendez ?

 Il ne l’entendait pas. Il glissait déjà de la plateforme, prenait appui sur une sente mince, sertie dans les arbustes.

 – Ce n’est pas aussi méchant qu’il y paraît, venez voir ! Venez, je vous dis !

 Elle était raide comme une momie, au bord de l’à-pic.

 – Non, je ne viens pas. Ne me laissez pas ici. Au secours !

Il sembla ne pas entendre son cri désespéré. Elle se mordit les lèvres au sang. Avait-elle le choix ? Lerviner n’était plus visible déjà. Allait-elle rester sur cette plateforme, seule, jusqu’à la fin des mondes ? Elle cria :

 « Attendez-moi ! » et se laissa glisser dans le passage sous la roche.

– Ah, vous voilà enfin, observa Lerviner en la regardant rabattre sa robe sur ses cuisses.

 Elle était rouge de colère ; il la tira par la main. Le chemin était hostile, on avait à peine la place d’y mettre ses pieds. De part et d’autre du passage, la nature sévissait, toutes griffes dehors.

 – Regardez ! L’avantage de cette végétation méditerranéenne, c’est qu’elle ne pousse que très lentement, argumenta Jimmy Lerviner. Même abandonné depuis des lustres, le sentier est toujours là.

Il la tirait derrière lui. Elle s’agrippait à sa main et au providentiel pan de son tee-shirt, se laissant stoïquement râper les bras par les ramures des buis.

 – C’est extrêmement pentu ! gémit-elle en regardant en contrebas.

 – Oui, mais vous avez deux privilèges incontestables, dit-il fanfaron : le premier, et non des moindres : vous avez un preux chevalier à votre service. Le deuxième : vous êtes équipée de chaussures absolument parfaites pour cette aventure. La bonne idée que j’ai eue !

 – N’en faites pas trop, je vous prie !

 Ils progressèrent poussivement. Tout à coup Lerviner se pencha vers le sol et ramassa une bouteille de plastique qu’il déboucha avant de la renifler :

 – Elle ne sent pas mauvais, elle n’est donc pas là depuis longtemps. Jodie, quelqu’un est passé ici récemment.

 – Vous pensez qu’il pourrait s’agir de notre homme ?

 Il lui décocha un regard mystérieux, l’entraîna à nouveau à travers les broussailles. Bientôt, le sentier tourna en épingle à cheveux et ils se trouvèrent soudain en bout de périple : ils étaient sur un petit plateau adossé à un grand pan de montagne pareil à un mur. Derrière une avancée rocheuse, Lerviner aperçut une sorte de trouée sombre. Tenant toujours la main de Jodie Meyer, il s’approcha, contourna le rocher et s’exclama :

 – Une entrée !"

 

Écrire un nouveau commentaire: (Cliquez ici)

123siteweb.fr
Caractères restants : 160
OK Envoi...

gourdy marie-antoinette | Réponse 08.08.2019 15.12

je viens de terminer la lecture de votre roman intitulé Au Commencement.
'ai aimé son côté roman d'aventure et je pense qu'on pourrait en faire un film.
bravo

Céole, votre dévouéé | Réponse 14.02.2013 23.42

Je l'espère pour vous, Evelyne, c'est le but de ce site. Dans tous les cas, ce site est le lien entre l'Artiste et le Public. Belle vie à tous !!!

Evelyne Rivaud | Réponse 14.02.2013 13.03

Merci, Claudie, pour cette présentation de mon premier roman. Peut-être, maintenant, fera-t-il le tour du monde, ou presque !!!
Amicalement,
Evelyne

Voir tous les commentaires

Commentaires

08.08 | 15:12

je viens de terminer la lecture de votre roman intitulé Au Commencement.
'ai aimé son côté roman d'aventure et je pense qu'on pourrait en faire un film.
bravo

...
10.12 | 18:59

Bien le site, et à quand une rubrique pour musiciens à la recherche de contrats ou de matos. Bise

...
30.06 | 23:50

yres belle phrase les artistes sont le reflet de notre ETRE

...
09.02 | 16:02

chaton fait au pastel galerie et objets divers et tournage bois......

...
Vous aimez cette page
Bonjour !
Créez votre site web tout comme moi! C'est facile et vous pouvez essayer sans payer
ANNONCE